septembre 13, 2008...2:31

Attentat à Bakou: le gouvernement azerbaïdjanais craint de nouveaux actes terroristes

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L’attentat à la bombe dont a fait l’objet le 17 août dernier la mosquée Abu Bakr de Bakou a ravivé les fantasmes d’actes terroristes en Azerbaïdjan. Cet attentat, que certains leaders de l’opposition soupçonne d’avoir été instigué par Moscou afin de déstabiliser l’ex-république soviétique, a causé la mort de deux personnes et dix-neuf personnes ont été blessées dont l’Imam Suleymanov. Un individu a jeté une grenade au travers de l’une des fenêtres de la mosquée alors que se tenaient les prières du dimanche soir. Il s’agissait de la première attaque directe à l’encontre d’un édifice religieux en Azerbaïdjan depuis l’accession de Bakou à l’indépendance. Une seconde explosion, le 22 août, dans une station de transformation électrique de la capitale a accru les angoisses de la population et du gouvernement.

Les enquêteurs cherchent à lier les deux événements, le gouvernement ayant proclamé que ces deux explosions étaient des actes “terroristes”. La mosquée d’Abu Bakr est un haut lieu de l’Islam indépendant en Azerbaïdjan et plus de 8.000 personnes, pour la plupart sunnites ou salafistes, sont en général présentes lors des cérémonies religieuses du vendredi. Les membres de cette communauté religieuses ont été soupçonnés à plusieurs reprises par le pouvoir en place d’adhérer aux thèses de l’islamisme radical, ce que dément l’Imam Gamet Suleymanov. Suite à l’attentat, l’attention des autorités s’est d’abord portée sur les groupes religieux radicaux. Pashazade, ancien responsable du Conseil des Musulmans du Caucase, a ainsi déclaré au lendemain de l’attentat que celui-ci relevait d’un conflit entre deux groupes religieux indépendants, tout en soulignant que l’on ne devait pas craindre l’exacerbation des tensions religieuses dans cet Etat généralement tolérant à l’égard des autres confessions. Plusieurs membres de communautés religieuses islamistes ont été interpellés, sans que de preuves tangibles ne viennent confirmer les soupçons qui pesaient à leur encontre.

Si les experts politiques azerbaïdjanais restent prudents quant aux origines et motivations de l’attentat, Ilgar Ibrahimoglu, populaire Imam d’une autre mosquée bakinoise, n’hésite pas à affirmer que pour en comprendre les enjeux cet attentat doit être replacé dans le contexte politique, économique et social actuel de la région du Caucase du Sud. Ainsi, selon lui, cet attentat serait le fait de groupes externes, les Azerbaïdjanais n’ayant pas pour habitude de régler leurs différents par des attentats à la bombe, surtout lorsqu’il s’agit d’un édifice religieux.

Le gouvernement n’a fait que peu de déclarations quant à ces événements souhaitant probablement en minimiser l’importance, afin de conserver une image de stabilité et de prospérité à l’approche des élections présidentielles d’octobre. Toutefois le pouvoir renforce les mesures visant à prévenir les actes terroristes en renforçant, notamment, la sécurité relative aux infrastructures énergétiques nationales. Un décret daté du 20 août prévoit ainsi la mise en place de mesure visant à accroître la sécurité des pipelines, des ponts et des stations de transformation électrique.

Il semble donc qu’actuellement la principale préoccupation du gouvernement azerbaïdjanais soit, non pas la sécurité de la population, mais la sécurité des intérêts économiques des puissances internationales et de quelques oligarques nationaux.

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